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Le nouveau film de Terrece Malick ressemble à ces films de commande que parviennent à sublimer quelques réalisateurs géniaux. Car si l'aventure de Pocahontas racontée dans le Nouveau Monde, quasiment celle de la version Disney, a du rassurer les financiers de la Metropolitan, la comparaison avec le film d'époque hollywoodien s'arrête là.

Les premières secondes dissipent en même temps les brumes des rives amérindiennes et les doutes du cinéphile. En ouvrant sur le mouvement de l'eau et le corps en suspens de la jeune indienne, le cinéaste reprend là où la Lgne rouge s'arretait...sur les visions fulgurantes d'une nature sauvage.

Le film mutliplie les allers et retours entre le récit historique et ces moments décalés qui sont la marque du réalisateur. Alors bien sûr, il y a des effets. Comme ces voix off de Pocahontas et de John Smith qui s'entremelent et s'interrogent sur l'ontologie du monde et sur l'état de leurs sentiments. Mais là ou le processus agaçait dans la Ligne Rouge - on n'imaginait mal Nick Nolte ou Sean Penn, très actor's studio, guidés par leur petite voix intime au milieu du bourbier pacifique - il fonctionne ici.

Non arrêt sur image

Fascinante séquence dans l'émission arrêt sur image de cette semaine. J'ai l'habitude de suivre Schneidermann sur Internet: le site de France 5 propose une version non montée de l'émission, consacrée cette fois-ci à la vie privée de hommes politiques. Ce dimanche, surprise: DS conclut, le générique démarre...et l'on assiste aux discussions de fin d'émission.

Arret2

Hasard ou pas, David Abiker (le chroniqueur) s'était amusé quelques semaines plus tôt à imaginer les propos que pouvaient bien tenir politiques et journalistes une fois le générique lancé. Pas besoin cette fois de lire sur les lèvres, on est au spectacle. Et qu'apprend-on? 

Citations choisies

Ariane Chemin : " Jean,  l'amant de Danièle Mitterrand était le meilleur ami du chauffeur du président..C'est vous dire le niveau.

Daniel Schneidermann: " En 1988, le Monde m'envoie couvrir la nouvelle organisation de l'Elysée.(...) L'accrédité de l'AFP me raconte qu'il (Mitterrand) part à 18 Heures Quai Branly voir sa nouvelle famille... Il me le dit très naturellement, sans consigne de secret. Mais à l'époque ça n'avait aucun interêt, c'était sa vie privée. Après quand on a appris l'utilisation qui était faite des deniers publics, on se dit qu'on aurait du l'écrire."

A.C "Chirac reproduit exactement le même système. L'écuyer de Mazarine que l'on a rencontré, nous a dit qu'il faisait monter les enfants handicapés. (...) En fait, il fait faire du cheval à Laurence (la fille de Chirac NDLR) à Souzy-La-Briche. Donc c'est pareil"

DS: "Non c'est pas tout à fait pareil. C'est sa fille légitime. "

A.C: "C'est quand même un fonctionnaire, et on lui a filé une maison de fonction. Et qui est à Quai Branly? On sait pas.."

Délice du off saisi à la dérobée? Ou audace de Schneidermann de ne rien cacher? Je vais me renseigner.

Bilan d'activités

Exceptionnellement, cette note s'adresse à la fois aux internautes, et à mes petits camarades de classe, puisque l'on m'a demandé dans le cadre d'une séance "Journalisme multimédia" de parler de mon expérience de blogger.

Quel bilan tirer de quelques mois de blogging? Des commentaires en vrac sur le "phénomène blog" en général, l'interêt d'un blog en particulier.

- A la base, l'envie de réfléchir sur le basculement de la presse écrite vers Internet. Pas un jour ne passe sans que l'on lise ça et là des preuves. Rien que cette semaine; deux annonces: les nouveaux sites de Libération et du Wall Street Journal. Les responsables parlent de "complémentarité accrue entre les deux supports"... Reste que la version papier est menacée (au moins en presse quotidienne): le marché publicitaire redécolle sur Internet, il stagne en presse. Les points presse ferment, les connections haut-débit s'envolent.Une envie: réfléchir à l'impact de ce basculement sur le traitement de l'information, des conditions de sa production par les e-journalistes (à Radio France multimédia, on dit webtrotteurs) jusqu'à la façon dont elle est reçue par les Internautes.Quel rôle joue les blogs là-dedans? Patrick Pépin a posé hier le bon diagnostic sur la crise des médias. Nous n'écoutons pas ce que dit le public. L'information est encore considérée comme descendant d'une minorité vers une majorité. Les blogs sont l'un des outils de recomposition de ce modèle.

- outil de veille: Il se trouve que le blog est public, mais qu'il est aussi un formidable outil de veille à usage personnel. Un grand nombre de sites en lien avec mon domaine d'interêt sont référencés sur mon blog. J'utlise mon blog comme portail vers d'autres informations. Aujourd'hui les logiciels RSS, comme feedemon, qui me sert aujourd'hui d'agence de presse personnalisée, me permettent de faire venir à moi tout un tas d'infos qui sans ça m'échapperait,et marginalise un peu l'interêt du blog dans ce cas.

Le blog, ensuite, est un outil de niche. Mon blog m'a permis de disuter avec tout un tas de personnes sur l'impact du RSS sur l'AFP par exemple. Ca ne vous interesse pas et c'est normal... Car Il n'a pas vocation à être le support d'une information généraliste, mais le blog permet à des communautés d'expert de se constituer, et de partager ses points de vue. Sur la musique indépendante chez Jm et Vincent. Ils sont une application parfaite de la loi de Reed. Je vous retranscris ici une interview de l'iventeur de cette loi. Reed explique comment lui est venu l'idée en regardant le modèle d'EBay

"eBay eu ce succès car il facilitait la formation de groupes sociaux autour d'intérêts communs. Les groupes sociaux se forment autour d'invidus désirant vendre des théières ou des radios de collection. A ce moment-là, je lisais les écrits de Fukuyama sur le capital social. Fukuyama défend, dans son livre Trust , qu'il y a une forte corrélation entre la prospérité de l'économie d'un pays et le capital social, qu'il définit par la facilité qu'ont les gens au sein d'une culture particulière à construire de nouvelles associations. J'avais également remarqué que les millions de personnes utilisant des millions d'ordinateurs avaient ajouté une importante capacité : la possibilité pour les individus au sein du réseau de former des groupes. Je me souviens qu'à partir du moment où il fut possible de répondre et d'envoyer des e-mails à des groupes entiers, il devint également possible de lancer des discussions ad hoc. A partir de ce moment, toutes sortes de chat rooms, de forum, de listes d'amis, de salles des ventes, ajoutèrent de nouvelles manières de former des groupes online. La communication humaine ajoute une dimension à la réseautique informatique. J'ai commencé à penser en termes de 'Réseaux de Formation de Groupes' (RFG.) j'ai remarqué que la valeur des RFG augmentait plus vite, bien plus vite, que les réseaux où la loi de Metcalf demeurait vraie. La loi de Reed montre que la valeur des réseaux augmente proportionnellement non au carré des utilisateurs, mais exponentiellement."

Les blogs c'est entre autre ça. Un outil qui met la publication internet à la portée de tous, donc permet l'éclosion de millions d'utilisateurs actifs du réseau. Et à partir du moment ou tout le monde produit du contenu, la valeur du réseau , les possiblilités de développement sont énormes. Pour ce qui a trait au journalisme, ce peut être le journalisme participatif, qui se monte doucement en France, mais qui a déjà permis de renverser un Président en Corée du Sud...La question est de savoir s'il restera un marché, à terme, pour l'information généraliste. Des anaystes comme Chris Anderson, l'un des fondateurs de Wired, pensent que non...et l'expliquent.

- Le "bruit" de la blogosphère. Vous pouvez vous en faire une idée sur le site de technorati, qui recense en temps réel les sujets les plus chauds de la blogosphère. Les outils dont se sert Technorati sont assez "googlesques" : nombre de liens vers un site, une histoire. On s'aperçoit que la blogosphère est souvent une gigantesque chambre d'echo (com) pour des articles issues de médias traditionnels.

La parole à un autre blogger de la salle. Laurent , qu'est-ce qui t'intéresse dans le blogging?

Information et Catastrophe

Samedi dernier, rédaction de France Info. Premières dépêches de l'AFP sur le tremblement de terre en Asie du sud. Pendu au téléphone pour le week-end, J'essaie de receuillir le  maximum de témoignages sur place. Difficile dans un premier temps, le séisme a détruit une grande partie des infrastructures de communication.
La fédération internationale du croissant rouge me donne finalement le numéro de Jurgen Kristensen, qui se trouvait par hasard à Islamabad au moment de la catastrophe, et qui tente de coordonner les secours dans le centre-ville, où plusieurs immeubles se sont effondrés.
Après une dizaine d'essais infructueux, j'arrive à l'avoir. Il est calme, souligne la dificulté des secours (très nombreuses répliques, orages violents). Autre témoignage, samedi soir. Le responsable de la communication et de la sécurité civile française, qui s'envole le soir même de Villacoublay avec 24 militaires, direction Islamabad. "Nicolas Sarkozy a pris très vite la décision d'envoyer une équipe" me précise-t-il d'emblée. Hm.
Aujourd'hui, a tête hors du guidon, j'essaie de réfléchir au traitement médiatique des catastrophes. Sarkozy fait une nouvelle fois démonstration de volontarisme, d'accord. Mais le plus surprenant est la disponibilité des interlocuteurs. On pourrait croire qu'un sauveteur a autre chose à faire qu'un direct sur CNN... Au contraire. Début d'explication dans un excellent texte de la fédération internationale des ccroix rouges.
Un tour chez Pisani, qui a déniché cette analyse.

le cerveau téléchargeable de Brian Eno

Lu dans le monde, cette remarque de Brian Eno à propos de son baladeur numérique.

Beno2200 Je réfléchis à la vente non plus d'un disque, mais d'un petit baladeur de ce type, sans note ni pochette, avec juste mon nom et cette musique jouée au hasard. Ce genre d'objet pourrait également contenir ma carte d'identité culturelle. Je pourrais y mettre aussi bien Fela Kuti et la musique pop de l'Afrique de l'Ouest que du chant arabe, du doo-wop, Mondrian, les constructivistes russes, Nabokov... On s'approche là d'un fantasme de science-fiction où un cerveau peut se télécharger.

Annoncer sa candidature sur Internet

L'information n'est pas toute neuve, mais elle m'avait échappé jusqu'ici. Etant toujours un observateur curieux de la scène politique québécoise, province où j'ai passé quelques mois, j'avais été surpris comme tout le monde par la démission de Bernard Landry, le chef du parti québécois.

Boisclair
Parmi ses successeurs possibles, le ministre de l'environnement André Boisclair. Ce dernier blogue depuis quelques mois. Après quelques jours de réfléxion, il a finalement annoncé sur ce blogue sa décision de se porter candidat à l'investiture du parti.
Ca change du fax de Lionel Jospin...

"L'Etat et les mutations des médias d'ici 2015"

Le commissariat du Plan vient de rendre public un rapport consacré au rôle que peut jouer l'Etat dans le futur paysage médiatique. Pour Alain Etchegoyan, commissaire, sans intervention de l'Etat, "l'histoire des médias français pourrait devenir rapidement la conquête de la communication par quelques géants du multimédia."

Le rapport avance quelques pistes intéressantes d'intervention.

Un mot sur le calendrier. Alors que le nouveau président de France Télévisions sera connu dans les prochains jours, les auteurs ( dont Benjamin Benyamin, corédacteur du rapport) veulent doter l'audiovisuel public de véritabes contrats d'objectifs. Une pierre dans le jardin de Marc Tessier, nommé pour ses qualités de gestionnaire, mais souvent critiqué sur les programmes...?

Note: C'est finalement PAtrick de Carolis qui prend la présidence du groupe. Et promet une refonte qualitative des programmes

Il y a quatre ans, la bibliothèque universelle

J'ai déjà eu l'occasion ici de revenir sur le projet Google. Je n'ai pas encore lu le livre de Jeanneney, mais j'ai mis la main sur un ancien article de la revue Débat. Christian Vanderdope, professeur à l'université d'Ottawa et spécialiste des mutations de la lecture sur format numérique, livrait en 2001 quelques réflexions sur la bibliothèque universelle. S'inspirant des travaux de Jeremy Rifkin, il constatait que dans la nouvelle économie, l'enjeu n'était plus la production des biens mais la vente des droits d'accès et de participation. Surprise, en 2001, Vanderdope craignait surtout une privatisation du savoir par l'un de ces grands groupes de contenus-contenants, dont Vivendi était encore l'étourdissant symbole...

Plus loin, revenant sur la confusion croissante entre les logiques de droits d'auteur et de brevet, Vanderdope avait cet exemple délicieux:

"L'infamie attachée au vol est donc lancée sur toute personne qui jouirait librement des œuvres culturelles. Voilà qui n'est pas sans rappeler le cas du Miserere d'Allegri, dont le pape Urbain VIII et ses successeurs avaient interdit la copie et réservé l'exécution à la seule enceinte de la chapelle Sixtine. Il aura fallu la mémoire prodigieuse de Mozart enfant, admis à l'écouter, pour que cette pièce puisse enfin passer dans le domaine public. Il est probable que, aujourd'hui, avec les nouvelles lois protégeant la propriété intellectuelle, un tel exploit vaudrait au jeune prodige d'être arrêté pour « copie illicite » et « diffusion sans autorisation d'une œuvre protégée ». Là encore, les papes invoqueraient sans doute leur droit de « protéger un investissement », vu que le compositeur avait été engagé sous contrat."

Quatre ans plus tard, cette privatisation du savoir est aujourd'hui écartée par Google. Si l'on se place du côté du consommateur, le modèle proposé par Google offre la gratuité d'accès aux contenus. Pour parler en bon économiste, leur service répond à la fois aux critères de non-exclusion (une fois payée la connexion internet, soit...mais je paye aussi mes abonnements bibliothèque) et de non-rivalité. Il a, surtout, le mérite d'exister. Wladimir Mercouroff (professeur, secrétaire de la fondation de l'Ecole normale supérieure) et Dominique Pignon (directeur de recherche au CNRS, laboratoire de physique théorique de l'Ecole normale supérieure) s'y sont récemment ralliés. Mais, et ça devient une facheuse habitude, on continue de nous promettre que la France fera bien mieux toute seule.

Guy Roux tire sa réverence

...Non sans avoir offert une dernière coupe à mon grand-père bourguignon. Merci à lui. Au passage, je ne peux m'empêcher de le citer, commentant l'affaire du grand stade lillois. ""on peut imaginer que si les habitants riverains du Moyen Age avaient été en association, ils auraient empêché la construction des cathédrales tant elles modifiaient le paysage."

Ca fera surement rire mes anciens voisins du vieux Lille

Responsablilité juridique des bloggers

Via Chryde, un beau travail d'Eolas (avocat de son état) sur la responsabilité juridique des bloggers. A apprendre par coeur, car un bon blogger, c'est comme un bon journaliste: s'il ne passe pas une fois par le tribunal, c'est qu'il n'a pas dérangé grand monde..

Les sources de Google News France

Via Webmedia, un lien vers les sources utilisées par Google news France. Personnellement, je n'en connais pas la moitié. Et je m'étonne de ne pas y retrouver l'AFP, qui a porté plainte contre le moteur de recherche le 17 mars dernier pour avoir reproduit sans son autorisation des photographies, des titres et des débuts d'articles.
A propos de la stratégie des agences de presse dans le nouvel âge médiatique, une contribution intéressante sur le site de l'Université de Los Angeles. Pour les auteurs, les positions récentes d'Associated Press (une des trois grandes agences mondiales, avec l'AFP et Reuters) sont suicidaires.
Résumé: demain

 

Bilan Meet the bloggers Lille

Première soirée Meet the blogger à Lille : Au moins, il y avait du monde... A tel point que la petite troupe a du quitté la cave trop étroite de la "Cave à Vin" et se replier sur le sous-sol du restaurant "Meet the people". Un nom plus approprié, vous en conviendrez.
Sinon, la réunion a confirmé tout l'intérêt du blog: on n'est pas limité dans ses conversations par la position à table. Ok, je suis mauvaise langue, merci donc à Damien de Blignières qui avait monté l'évenement. (j'aime bien écrire ce genre de phrase, ça fait très Loic Le Meur, non?)
Dans l'ensemble, il y avait:
- plus de journalistes que de bloggers
- plus d'hommes que de femmes
- plus de vins et de softs que de bière
- plus de blogspot et de dotclear que de typepad
- plus de costards que de survets
- un tee-shirt la Fraise
- ......
Pour ma part, j'ai apprécié la conversation que j'ai eu avec JM, développeur de son état. Il m'a confirmé que sa consommation de magazines spécialisés avait fortement chuté depuis l'arrivée d'Internet. Principal grief adressé par JM à la presse écrite: son manque de réactivité. JM a avoué une vocation ancienne pour le journalisme...Disparue après la première guerre du Golf. On a aussi parlé de son boulôt, le développement d'un intranet pour les cabinets d'avocats. A une prochaine, JM.

Sinon, j'ai retrouvé mes compères habituels. Sans doute l'endogamie blogosphérique. On a un peu parlé d'un projet de blog collectif qui nous tient à coeur.. mais chut, rien d'arrêté pour le moment.

Dossier Wiki de la FING

Internet Actu propose cette semaine un dossier intéréssant sur le phénomène Wiki. A lire, d'abord parce que le principe de la construction collective du savoir sous tend le journalisme participatif, et ensuite parce qu'en ouvrant Wikinews il ya quelques mois (voir ce billet), les fondateurs de Wikipedia ont mis en place une application média de leur technologie. Je transcris ici quelques conclusions de l'enquête:

L’objectif de co-construction d’une encyclopédie soulève des enjeux en terme de création :

La résolution des « guerres de version » par l’exposition des différents courants ;
La capacité à respecter le copyright des éléments inclus ;
La possibilité de canaliser les « leaders noirs » et de donner plutôt l’avantage aux contributeurs sincères
L’invention de modèles économiques qui préservent la neutralité ;
L’accroissement des savoirs par la révision collective de la qualité des articles.

Toujours à propos de Wikipedia, un lien vers une équipe de recherche IBM. http://researchweb.watson.ibm.com/history/ Les auteurs ont démontré que le temps moyen de restauration d'une page wiki après intervention d'un "vandale" était probablement inférieur à 5 mn.

"S'ils savaient à Paris"

Daniel Carton était ce soir au Furet du Nord à Lille, pour présenter son dernier opus "S'ils savaient à Paris".
Carton dénonce la soumission des médias au pourvoir politique. Intervention de l'animateur:
- "Mais Monsieur Carton, vous qui avez quitté la presse, ne craignez vous pas que même l'édition soit un jour soumise aux interêts des puissants (le secteur est contrôlé majoritairement par Lagardère et Seillères ndlr) ? "
- "Oui, il y a un risque qu'aucune pensée alternative ne puisse plus s'exprimer."

Et les blogs, cher Daniel Carton? Justement, Bertrand Le Gendre tire contre à boulets rouges dans l'édition du Monde de ce soir:

Beaucoup de gloses, beaucoup de nouvelles reprises en boucle, tirées des mêmes dépêches d'agence. Beaucoup de liens avec d'autres sites qui eux-mêmes abondent de liens vers d'autres sites... Un cybercafé du commerce.

Lost into, cybernévrose

Gare du Nord plus tôt dans la soirée. Je tombe sur le supplément du Nouvel Obs: Les nouvelles addictions. Petite panique, j'ai l'impression d'être accroc à tout... Je jette un coup d'oeil par dessus mon épaule, histoire de voir si la brigade anti-addict n'est pas à mes trousses.
Retour chez moi, après deux heures sur le net, mon témoignage choc sur l'addiction (Jean-Luc, si tu cherches des témoins..):
- Je tombe sur le Divx de Sin City, que je commence à regarder...ça a l'air pas mal. J'irai le voir au ciné. Mais ça me fascine de le savoir à disposition, et j'essaie de comprendre les dessous de la technologie Bittorent. Direction le blog de Bram Cohen. Que je lis de fond en comble. Ce genre de hacker me fascine. Il se trouve qu'il souffre d'une forme particulière d'autisme. Ah bon? Direction Wikipedia, et un article sur le syndrome de l'asperge (?)
- Pendant ce temps-là, deux ou trois MP3 blogs ouverts, des perles inédites en fond sonore...tiens, je connaissais pas Spoon, c'est pas mal.
- Dans d'autres fenêtres, tout ce qui me tombe sous la main sur la Constitution, et en particulier les échanges Bourlanges-Rousseau
- Et ça continue, encore et encore...tandis que d'autres écrivent les mêmes posts que moi

Madnessinmymind1024

Deux heures plus tard, j'ai des fenêtres Firefox dans tous les sens, il me semble que l'article III-148 organise le monotropisme autiste, Jean-Louis Bourlanges est une vedette lo-fi, et j'ai l'impression de tourner en rond dans l'anneau de Moebius...

Docteur, est-ce que c'est grave?

Réponse à Passenger

 

Merci Passenger de me proposer tes bons services pour me faire une opinion sur le référendum...

J'ai effectivement été un peu court sur la question de la guerre des plateformes.

Le problème n'est pas vraiment celui de la personnalisation du template... (et c'est vrai qu'il faut de la motivation; mille excuses pour Lille on Line ndlr)

Le problème est que les plateformes sont autant des solutions techniques que des référents identitaires. La critique adressée à Typepad, c'est que cette solution regroupe essentiellement (enfin, je n'ai pas de chiffres précis) des acteurs genre marketing/ressources humaines pour simplifier. Des gens pour qui les blogs sont un outil professionnel. Rien de condamnable là-dedans. Et les gadgets typepad (comme la liste des blogs typepads récemment actualisés) encouragent aussi une certaine endogamie. Que les gens soient grégaires n'est pas en soi une nouveauté. Les premiers utlilisateurs pensaient peut-être que les blogs permettraient de dépasser certaines frontières. Jusqu'à présent, les frontières géographiques sont tombées, mais la fracture sociale demeure. Ce que je résumais sur un autre blogue par la formule suivante: "que ceux qui lisent et postent sur les skyblogs me jette la première pierre". Ce qui bien sûr n'arrivera pas, les skybloggers ayant peu de chance d'arriver jusqu'ici. Comme l'écrit Cyril Fievet de façon plus positive:

je voulais dire par là que l'un des effets du blog - et non des moindres - est d'attirer, puis éventuellement de fédérer une communauté d'internautes et/ou de blogueurs qui partagent les mêmes centres d'intérêts, opinions, ou passions que soi-même. Il y a tout de même des exceptions à cela, sans doute, mais il me semble qu'à la longue, une sélection quais naturelle s'opère, avec pour effet d'avoir dans son lectorat une majorité de lecteurs affichant une "connexité de pensée" et une minorité de "contradicteurs systématiques".

Et d'ailleurs la loi de Reed repose sur des communautés d'utilisateurs, communautés distinctes, pas sur un espèce de forum planétaire improbable. La plupart des communautés se fichent bien de savoir quel sera le développement du site internet du NYTimes. Normal.
Plus problématique est à mon avis l'impact de cette communauté typepad dans les médias dominants, qui reste encore, de loin, la première communauté d'information française. Parce que les décideurs qui bloggent sur Typepad sont très doués pour relayer leurs pensées, le phénomène blog pourrait être réduit à sa manifestation typepad et skyrock. Ce qui serait dommage, tant les blogs sont aussi et surtout autre chose.

Marre de débattre. J'ai déjà toutes les peines du monde à me forger une opinion définitive sur le traité constitutionnel, qu'un nouveau débat arrive. Et comme si ce n'était pas suffisant de se fritter avec les vrais gens sur le traité, voilà que je me fritte de concert avec les bloggers.

Ma position là-dessus? Comme le préonisait ce cher Bourdieu, essayons d'abord de savoir d'où l'on parle. Je suis sans doute l'un de ces bloggers arrivés aux affaires par l'entremise de la campagne média de Loic Le Meur. Je bloggue sous typepad, ce qui n'aura échappé à personne. Mais j'ai testé d'autres plates formes avant de retenir celle-ci pour des raisons pratiques (en bref, c'est la moins chronophage pour moi). Accessoirement, je ne penche pas la tête sur le côté en souriant sur ma photo de présentation, et pour cause, je n'en ai pas. Mais venons en à un point plus central. Je ne discuterai pas la thèse de la blogofracture, même si l'endogamie dont parle Laurent d'Embruns est évidente.

Sur la question de la multiplication des blogs, qui laisse aux anciens un goût amer, je répondrais par un détour théorique. Il me semble que la loi de Reed ( la valeur d'un réseau augmente proportionnellement non au carré des utilisateurs mais exponentiellement ) s'applique à la blogosphere. Il se pourrait même que ce soit l'application qui illustre le mieux cette thèse. M'intéressant aux effets d'aubaine que les communautés apportent au journalisme, je ne peux condamner la massification observée de leur utilisation (même si la plupart d'entre eux ont une durée de vie limitée...)

Bayosphere

Après avoir fait patienter ses fidèles pendant de longs mois, Dan Gillmor, le prophète du journalisme participatif, lance enfin son nouveau site. Rappelons que l'ex-chroniqueur vedette du Mercury News, le journal de la Silicon valley, avait quitté son poste pour se consacrer au grassroots journalism (celui où les informations vont du bas vers le haut, en quelque sorte).

Bayosphere, actif depuis aujourd'hui, se propose de couvrir l'actualité de la vallée, et ouvre ses colonnes à tous. Gillmor fait un petite déclaration d'intention, où il écrit notamment:

At Bayosphere, we're going to create a community fueled by that notion. We will reflect -- and reflect on -- the news, needs and ideas of the San Francisco Bay Area and especially the technology sphere that is the prime economic driver of the area.

I've moved my blog to Bayosphere, where I'll report and comment on the Silicon Valley technology community -- and a whole lot more including my observations about the burgeoning arena that's variously called citizen journalism, personal publishing, grassroots media and a lot of other things. They all have something in common: the read-write Web.

A lire cette déclaration, on est presque déçu. Peut-être attendions nous de Gillmor qu'il nous sorte un nouveau lapin de son chapeau...or depuis plusieurs mois, beaucoup de projets similaires ont éclos sur le web. A sa décharge, les déclarations d'intention ne sont jamais le fort des journalistes. Attendons donc de voir les nouveaux outils promis, et gardons en tête que c'est la conversation qui fait la valeur du journalisme de demain. Patience donc et bonne route à Bayosphere.

Séance de rattrapage

Pour tous ceux qui voudraient se jeter dans le grand bain des médias participatifs, sans savoir forcément par où commencer, on ne saurait trop conseiller l'excellente synthèse de Shayne Bowman et Chris Willis sur Media Center (et à fortiori les liens et compléments proposés, qui dressent la liste des principales interventions et figures du mouvement).

Les moins enthousiastes liront avec plaisir une note récente de Steve Outing, où celui-ci constate que l'idéologie en vogue du Long Tail (on ne s'adresse plus à des audiences de masse, mais à des niches locales ou d'intérêt) est surtout productrice d'infos sans intérêt... Ce à quoi Pegasus News, média participatif texan, répond par un petit guide pratique à l'usage des citizen journalists.

Le Huffington Post démarre

Le buzz aura été soigneusement organisé, plusieurs semaines durant. Le Huffington Post est désormais en ligne. Et pour asseoir sa légitimité dans une blogosphère qu'on sent un peu hostile, Ariana Huffington a réunit une brochette de commentateurs vedettes. Au hasard, Arthur Schlesinger (historien, ancien collaborateur de Kennedy), Walter Cronkite (envoyé de United Press en Europe pendant la seconde guerre mondiale) ou...Warren Beatty. Ca nous change des geeks de 17 ans.

Le site se veut à la fois un blog collectif et un portail news à la Matt Drudge, qu'elle entend d'ailleurs directement concurrencer. L'architecture du site est celle d'un blog amélioré. Et le blogroll propose une vue d'ensemble de la blogogeoisie américaine. Sur le fond pourtant, les billets des chroniqueurs sont souvent loin à la fois du ton et du format des blogs, pauvres en hyperliens, et plus ennnuyeux, ne sont pas ouverts aux commentaires. Plus irritant encore, cette petite fenêtre que les webmasters ont cru bon d'ajouter au site, et sur laquelle les internautes sont invités à laisser leur scoop. Ben voyons.

Marc Glaser, de l'Online Journalism Review, s'interroge: "Who wants to be a blog millionaire?"  Mais la palme du commentaire revient au Guardian. Sa parodie du Huffington est pour l'instant plus amusante que l'original.

Magnifique Sasha Waltz

Pas de journalisme aujourd'hui... Mais un grand merci à Sasha Waltz, la jeune chorégraphe allemande. "Impromptus", présenté en ce moment à l'opéra de Lille, est l'une des plus belles choses que j'ai vu récemment.

En explorant Schubert, Waltz fait éclater la puissance émotionnelle de ses compositions. 7 danseurs évoluent sur le décor, deux vastes plans inclinés qui font de chaque geste une victoire sur le désequilibre. Le spectacle commence par plusieurs solos et thèmes à deux danseurs. Très vite, à cette entame froide répondent d'amples mouvements de groupe.

La dernière demi-heure est somptueuse. Au chant, Judith Simonis accompagne le rituel païen mis en scène par la chorégraphe. Les danseurs se couvrent de craie rouge et noire, tandis que l'eau, clef de la lecture waltzienne de Schubert, dessine des coulées de couleurs sur la scène. On pense à certains plans de Trouble every Day, de Claire Denis. A L'eau et les rêves de Bachelard, du fleuve des morts au liquide nourrissant et féminin. Et lorsque les deux danseurs se retrouvent finalement, l'impromptu in G-flat major transfigure leur corps à corps.

A propos des Impromptus, Horowitz disait que "Schubert parlait aux anges". Sasha Waltz les fait danser.

Passagers clandestins

C'est l'une des conséquences de l'intensification de l'utilisation des fils RSS et des agrégateurs de news: de plus en plus d'internautes ne passent plus par la homepage des sites.
On en avait l'intuition, c'est désormais une certitude si l'on se fie aux chiffres que rapporte Steve Outing dans son excellente chronique Stop the presses ! (littéralement: arrêtez les rotatives !)
Le responsable du site du Globe & Mail ( le grand quotidien canadien ) constate ainsi que 41% des lecteurs arrivent sur le site sans passer par la page d'accueil.

Des statistiques qui ont deux conséquences en terme d'édition:

- repenser l'architecture de l'ensemble des pages pour fixer le lecteur sur le site. Sans forcément reproduire l'interface de la homepage ( c'est tout le débat), mais au moins en intégrant des liens intrasite dirigeant vers des thématiques similaires. Sur le site amarseille.com, nous avions ainsi opté pour un système de mots clefs qui permettaient de linker correctement l'essentiel du contenu.

- Ces passagers clandestins modifient également la hiérarchisation traditionnelle des contenus. L'une des options possibles de fixation du lecteur est de lui proposer un système de notations des articles. L'introduction des étoiles sur le site du Monde avaient fait débat. Et si aujourd'hui, il s'avérait que les posts des bloggers sont plus lus que l'éditorial ? Je vais me renseigner là dessus; tiens.

La blogosphère aux atrocités

Dans quelques jours se tiendra à L.... la première soirée "Meet the bloggers". Je ne sais pas si j'irais. Certains d'entre nous s'imaginent que leurs écrits révèlent à la communauté une partie de leur intimité. Et que cela facilite la rencontre réelle, en dissipant le jeu de cache cache initial.

Tous ceux-là devraient relire J.G Ballard:

"A notre époque, le concept même d'intimité est construit à partir de matériaux circulant dans le domaine public. Il nous est maintenant presque impossible d'être nous-même si ce n'est dans les termes mêmes du monde qui nous englobe."

Poster d'une main ?

De retour après une semaine de vacances... Mais en convalescence: une fracture du bras risque de ralentir un peu la fréquence des posts ! 

Merci au passage à Pointblog, qui me fait l'honneur d'inaugurer la série des blogs du dimanche. A bientôt

Le RSS rattrapé par la pub

Dans une précédente note, je m'interrogeais sur l'absence de publicités sur le RSS. Une situation qui risque d'évoluer, si l'on en croit Stephanie Olsen de CNET:

"Deux société américaines, Moreover et Kanoodle (...) ont lancé un outil pour insérer des liens publicitaires dans les flux RSS. La première est un agrégateur de contenus, la seconde propose aux annonceurs d'enchérir sur des mots-clés pour faire apparaître des liens sponsorisés sur les sites de leurs clients.Leur service commun s'appelle Bright Ads; il permet d'afficher des liens publicitaires sur les flux RSS des sites internet, qui font partie du réseau de Kanoodle. Ces liens seront contextuels, c'est-à-dire directement en relation avec l'un des articles présents dans le fil RSS."

L'internet 2.0 se monétise vite.

Prends l'oseille et tire toi !

En 2004, les profits des journaux américains ont augmenté de 8%, tandis que leurs revenus augmentaient de 4%. C'est ce que révèle le rapport annuel du Project for excellence in journalism. Ce différentiel n'est pas anodin. Pour Jay Rosen, auteur d'une note qui secoue la blogosphère et synthétise bien les récents débats, il signifie que les propriétaires de journaux se sont lancés dans un remake de "Prends l'oseille et tire-toi."

                   

Michael E. Porter, professeur à Harvard, explique que cette course au profit est caractéristique des "cash cows", ces entreprises minées par les substitutions technologiques. Je traduis librement la synthèse que fait Philip Meyer de ces travaux: "Les managers augmentent les prix et réduisent la qualité, ce faisant, ils augmentent leurs profits avant d'abandonner l'activité. Je ne connais pas de groupes qui fassent cela consciemment, mais leur comportement à tous est similaire: effectif réduit, information sommaire, service minimum pour la communauté. Ce qui entraîne naturellement un assèchement du lectorat, une baisse de la circulation, et le retrait des annonceurs. Mettez tout cela sur un graphique, et cela ressemble à une "death spiral"."

So ? Dans son essai "Sauver le journalisme", Philip Meyer propose benoîtement d'inventer un média qui ferait de l'argent sur la vérité, la vigilance et la responsabilité sociale. Pour terminer ces jours-ci le somptueux American Tabloids d'Ellroy, où l'on lit comment Howard Hughes se remplissait les poches avec des tabloïd titrant : "Madame Nixon pond le fils de Nat King Cole", je trouverai amusant que les USA soient la terre d'élection de ce nouveau média.

A qui profite le RSS?

Le Monde propose désormais son fil RSS. Comme pour les blogs, le quotidien veut certainement participer au mouvement, sans nécéssairement en appréhender toutes les conséquences. Et dans ce cas, le Monde a peut-être plus à perdre qu'à gagner.
Depuis que je fonctionne avec Feedemon, je consulte en effet de plus en plus rarement les sites originaux. Et de fait, les titres du Monde sont désormais perdus au milieu de tout le reste... Avant que le Monde se convertisse au RSS, je consultais naturellement leur site. C'est beaucoup moins vrai aujourd'hui, et pour en avoir discuté avec d'autres bloggeurs, beaucoup fonctionnent de la même manière.
Du coup, les statistiques de fréquentation du Monde.fr risquent d'aller en décroissant, sans compter le manque à gagner publicitaire ( car les annonceurs vont finir par s'apercevoir que les agrégateurs squizzent les publicités...)
Qu'en pensez-vous?

L'avenir de la presse écrite

Un lien vers un point radical sur l'avenir de la presse écrite, par un ancien chroniqueur du NYT et du Wall Street Journal

http://abcnews.go.com/Business/SiliconInsider/story?id=88655&page=1

In any other industry, a product that lost 1 percent of market share for two decades — only to then double or triple that rate of decline — would be declared dead. The manufacturer would discontinue it and rush out a replacement product more in line with the desires of the marketplace. So, let's finally come out and say: Newspapers are dead. They will never come back. By the end of this decade, the newspaper industry will suffer the same death rate — 90-plus percent — that every other industry experiences when run over by a technology revolution.

Premiers faits d'armes pour Wikinews

Wikinews, la version actualité du principe Wiki, a remporté une première victoire, en annonçant douze heures avant les agences de presse les manifestations de Belize.

An encounter between protesters and riot police in Belmopan on January 21.

Jimmy Wales, l'un des fondateurs de Wiki, est revenu dans un conférence sur le mécanisme de publication de l'info. Un membre de la communauté Wiki vivant à Belize avait rapporté les faits dans un premier article. Suite à cela, plusieurs internautes ont cherché à vérifier ce que disait l'article. Rapidement, ils ont trouvé un communiqué sur un site gouvernemental britannique. Photos des manifestations à l'appui, ils ont in fine décidé de valider le texte.

Si cela c'était passé en Irak, a relativisé Wales, les grands médias auraient sans doute sorti l'affaire en premier. Mais dans des petits pays peu couverts par les agences, Wikinews a un rôle véritable à jouer.

Pour le moment, Wikinews reste majoritairement un outil de synthèse, de vérification, de "triangulation" de l'information mondiale. C'est l'une des directions possibles de son développement selon Jimmy Wales :"a master-syntetizer of what journalists are reporting around the globe". Mais, si les agences continuent leurs actuelles charettes de licenciements, il pourrait y avoir bientôt d'autres Belize...

Harvard au chevet des blogs

Une conférence a réuni en janvier dernier une cinquantaine de bloggers, journalistes, chercheurs et cadres médias autour du thème : "blogging, journalisme et crédibilité: affrontement et terrain d'entente"

Le compte rendu du séminaire est dispo en ligne. Un blog de la conférence aussi, bien entendu. Je traduis rapidement les principales conclusions:

"Renforcer la démocratie et le discours public est une mission commune aux journalistes, aux bloggers, aux wiki et à toutes les personnes engagées dans la création d'un journalisme "d'en bas" (grassroot journalism). Tous ces acteurs peuvent s'entendre sur cette mission, et ont la volonté de travailler ensemble. Leur but est de construire une société meilleure, en donnant à l'ensemble des citoyens l'information dont ils ont  besoin et les forums de discussion qui permettent un vrai contrôle des dirigeants. Reste à trouver comment collaborer efficacement pour mener à bien ce projet."

Jay Rosen (Pressthink) a dégagé trois grandes tendances:

  1. On ne peut plus parler d'audience ou de consommateurs pour désigner la cible des médias, puisque de plus en plus de personnes réagissent aux messages et participent à la formation d'une partie du discours public.
  2. Les journalistes perdent progressivement leur souveraineté à mesure que les citoyens s'emparent d'un grand nombre de domaines jusque là reservé aux médias.
  3. Deux constats qui ont conduit les bloggers à critiquer les grands principes journalistiques, en particulier l'objectivité.

Comme l'a rappelé Rosen, dans un commentaire qui ne peut qu'interpeller un jeune journaliste: "La plupart des grands principes que l'on enseigne aujourd'hui aux jeunes journalistes, qu'ils apprennent dans le monde professionnel, n'ont pas été inventés pour expliquer le monde dans lequel nous vivons. Ils ont été élaborés pour limiter la responsabilité des journalistes, pour se prémunir contre les attaques qui ne manqueraient pas de surgir contre leur travail. Ces principes défensifs, qui ont bien fonctionné pour la presse depuis 40 ou 50 ans, sont à présents utilisés contre les journalistes."

Dave Winner, de Scripting news, a très bien résumé la position nouvelle du citoyen dans le processus d'information.

"People who read, write, and interact with weblogs have become much more adept than passive news consumers at triangulating information from different sources, making their own independent decisions about what to believe and what not to believe. “We can combine all of our points of view and do what we call embodiment triangulation, and get closer to understanding what real events are going on,” he said.  This is the new emerging world in which journalists must learn how to function – a world with which bloggers are already very comfortable."